(Bernard Busigny)
(Bernard Busigny)

Projet d’une distillerie d’huiles essentielles à Milly

26 agriculteurs viennent de créer la CUMA MILLYPPAM. Leur représentant T. Palfroy a déposé un permis pour construire une distillerie produisant des huiles essentielles à partir de leurs plantes, bio ou pas : thym, lavandin, menthe etc. cultivées sur une surface de 250 hectares pour un rendement de 30 tonnes par an, en reconversion aux cultures du blé et autres céréales.

L’implantation de la distillerie se situerait « chemin des petits saules » derrière le Conservatoire des Plantes faisant forte polémique sur cette zone.

En effet, les riverains n’ont pas été consultés et le risque zéro n’existe pas. Le bâtiment de 36 m par 15 m fonctionnera au gaz et nécessite 2500 m2 de surface stabilisée supplémentaires pour permettre aux engins de circuler.

L’agriculteur arrivera en tracteur et remorque avec un chargement frais contenu dans le caisson de distillation (chargé directement au champ). Il déposera le caisson et traversera le bâtiment. L’opération totale avec distillation durera 45 min à 1 h30, en circuit fermé, la plupart du temps. L’agriculteur repartira avec son tracteur, sa remorque et ses déchets que l’on appelle « drèches » pour servir d’épandage dans ses champs. 15 tracteurs par jour peuvent ainsi passer.

Les distillations fonctionneront à plein rendement environ 2 mois par an, créant un seul emploi.

Environ 10 % de l’huile essentielle obtenue seront acheminés vers la ZI du chenêt pour être conditionnés dans des flacons EONA. Ceux-ci repartiront ensuite en boutique.

Le reste de la production, (90 %) sera vendu directement à l’industrie alimentaire, cosmétique et pharmaceutique. Hors fonctionnement, des visites pédagogiques pourront être réservées.

La polémique réside également sur le fait que la distillerie se situera d’un côté en limite d’une zone urbaine, calme, pavillonnaire en pleine extension et d’un autre côté sur une zone champêtre, appréciée, avec le passage du GR, avec les jardins partagés, les nombreuses prairies occupées par les chevaux, une zone où nichent sept espèces d’oiseaux protégés, zone inondable qui plus est, à moins de 500 m de la Chapelle St Blaise (monument historique) réglementé par les bâtiments de France. La voirie devra être aménagée.

Allez donc vous promener sur les parcelles A046 et A047, vous aurez peut-être la chance de rencontrer l’hypolais Polyglotte, la pie grièche écorcheur, le traquet Pâtre, le sizerin flamme, le bruant jaune, le rouge queue à front blanc et la huppe fasciée. Magnifique !

Sollicité pour donner son avis, l’association ENE (Essonne Nature Environnement) a préféré s’occuper des problèmes de transport du projet « Grand Paris ».

Pour certains particuliers, les huiles essentielles sont un symbole écologique. De plus l’utilisation des plantes est historique à Milly. Mais voilà …l’écologie, c’est aussi la préservation de l’environnement et des écosystèmes, la préservation des paysages, la protection des animaux (chevaux et oiseaux) et naturellement des riverains inquiets et autres amoureux d’un cadre de vie champêtre réputé sans bétonnage.

Il existe des alternatives : Milly a la chance d’avoir une zone industrielle avec voirie adaptée qui conviendrait aux activités de la distillerie.

Aux dernières informations, pour toute nouvelle construction, la loi sur l’eau oblige une étude précise des impacts hygrométriques de l’eau sur le sol, sur les bâtiments et ceci retardera le projet. D’après Thomas Palfroy la CUMA MILLYPPAM recherche un autre terrain pour une nouvelle implantation si possible.

Ce projet très intéressant doit trouver un choix d’implantation adaptée pour contenter l’économie agricole, protéger la vie quotidienne des habitants, l’environnement et son écosystème quand il existe des zones industrielles.

Annie